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jeudi, 13 décembre 2007

"Anode" et "shaft", des mots bien de chez nous

Encore une fois, ces mots, anode et shaft (chevalement, en français) ne sont pas employés qu'en Abitibi, mais leur usage est beaucoup plus répandu qu'ailleurs, vue notre réalité très minière.

Voici donc de quoi a l'air une anode. Le cuivre pur à 99,1% est ainsi coulé à la fonderie Horne (Rouyn-Noranda) à la suite d'un procédé appelé smeltage. Les deux empattements caractéristiques permetteront, à l'étape suivante du procédé (à Montréal), de la suspendre dans une cuve et de faire passer un courant électrique au travers. L'anode servira donc... d'anode (borne électrique négative)! Par cette électrolyse, le cuivre passe à l'autre borne électrique, sans ses impuretés (pur à 99,94%).

Le mot anode a fait des petits... nous avons le Centre de la Petite Enfance L'Anode magique, le rapeur Anodajay, le band Les anodins, etc.

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Voici un schéma tiré du site de la fonderie Horne, qui montre le processus pour en arriver à une anode:
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Et ici, nous avons des shafts (ou chevalement, mais personne ne dit ça) de mine. C'est sous cette construction que se trouve le puit de mine, menant aux galeries. L'édifice est ainsi bâti pour servir de treuil à l'ascenceur. Notre paysage est parsemé de ces tours. On a même une église avec un clocher en forme de shaft!

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Sur la féminisation...

Cette chanson de Fatal Bazooka montre bien à quelle point la marque du féminin n'en est pas qu'une de genre grammatical! Je tiens quand même à préciser que je ne m'associe pas aux propos de la chanson, il s'agit ici d'une simple observation.

Sur la linéarité du signe linguistique...

Le signe linguistique, tel que défini par Saussure, est linéaire. C'est-à-dire que les sons que nous produisons lorsque nous parlons, se suivent les uns après les autres. Cela peu sembler simple, mais ça amène un phénomène intéressant: il faut découper cette chaîne de sons de façon à la segmenter en mots, de façon, donc, à en trouver le sens.

Quand le découpage de l'hymne national soviétique est effectucté d'une manière, disons, peu conventionnelle, par un francophone, ça donne ce résultat:

"Esker", un mot bien de chez nous

Le terme esker n'est pas employé seulement en Abitibi-Témiscamingue, mais, fait particulier, là-bas, il fait partie de la langue courante et pas uniquement d'une terminologie spécialisée.

Voici la définion encyclopédique de cette formation géologique tirée du site internet de la ville d'Amos:

"Au moment du retrait des glaciers, des rivières sont apparues sous la glace. Ces rivières ont transporté et déposé des sédiments sous forme de crêtes allongées, rectilignes ou sinueuses. Les matériaux, soumis à une très forte pression de l'eau, ont été roulés, émoussés et déposés après avoir subi un triage. Lorsque le courant a diminué, il en est résulté un dépôt de sable, de gravier et de blocs de roches variant tant par leur forme que par leur grosseur. Ce sont ces dépôts que l'on nomme eskers. Les eskers peuvent mesurer de quelques mètres à une centaine de kilomètres."

...et un charmant documenteur à ce sujet: 

 

Si ce mot est à ce point connu, c'est que l'Abitibi-Témiscamnigue compte de nombreux eskers, et que deux villes situées sur un esker, Amos et St-Mathieu d'Haricanna, ont remporté le titre de la ville ayant la meilleure eau au monde (les eskers formant de gigantesques filtres à eau souterrains). De plus, c'est à St-Mathieu d'Haricanna que se trouve l'usine d'embouteillage Eska. Esker est également dans le nom de certains lieux, ex.: le théâtre des eskers, l'hôtel des eskers, etc. La ville d'Esker Lake, en Ontario, n'est pas si loin non plus.

Esker se prononce èskère. Selon Wikipédia, Esker vient de l'irlandais eiscir et peut aussi s'appeler un ös (prononcer euss).

mercredi, 12 décembre 2007

Recette de ma Qué Pasa

Bonjour! à la demande de certains, voici la recette de Qué Pasa que je vous ai servie aujourd'hui dans le cours.

 - Mélanger 250 ml de crème sûre avec autant de fromage en crème.

- Étendre le mélange dans le fond d'une assiette (environ 2 cm d'épais).

- Par dessus cela, étendre 1 cm de salsa.

- Émincer de la laitue frisée et en recouvrir l'assiette.

- Râper du fromage par dessus tout ça.

- Y tremper des nachos, et savourer!

Poésie linguistique...

Lors de mon dernier cours de grammaire, quand la professeure nous a dit de commencer à "répandre la bonne nouvelle" en voulant dire de parler de manière grammaticalement correcte, j'ai été plutôt atteinte dans ma fierté linguistique. Je considère que la grammaire normative est là pour l'écrit ou pour les situations orales plus formelles, mais que de l'appliquer en d'autres temps, c'est nier la richesse et la variété de la langue française, avec tous ses accents, ses expressions typiques à telle ou telle région, etc. Bref, je trouve que ça l'encarcanne et l'empêche d'évoluer. J'ai tellement été touchée par ce commentaire que ça m'a inspiré un petit poème...

 "Ma langue, c'est celle que je parle, pas celle que j'écris.

J'écris avec de l'encre, je parle avec ma salive.

Ma langue est dans ma bouche, elle n'est pas dans mon stylo, non, elle n'est pas dans ma poche."

-Caroline Sigouin 

Maudit Français...

Dans le cours d'aujourd'hui, sur le blogue de ma collègue Claude Côté (http://dictionn-aire-cote.monblogue.branchez-vous.com/), on a vu l'image suivante:

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Je me suis alors exclamée: "Maudit Français!", sur un ton, je vous rassure, tout ce qu'il y a de plus humoristique. Il est bon de noter qu'il s'agit également d'une expression consacrée, telle que définie dans le Dictionnaire de la langue québécoise (1997) de Léandre Bergeron: "França n.m. -Français. Maudit França - Français en général - Français fatiquant (sic) ou fendant". Je suis consciente que ce n'est pas parce qu'une expression est recensée dans un dictionnaire qu'elle est "politicaly correct", mais je pense, pour l'avoir entendu le plus souvent de Français, que cette locution a peu a peu perdu sa connotation péjorative, pour en prendre une plutôt humoristique.
 
Ça m'a ammenée à me demander s'il était souhaitable de banaliser, de rendre humoristiques toutes les expressions péjoratives ou s'il peut y avoir un effet pervers à cela dans certain cas. Je doute que les Français aient jamais été victimes de grande discrimination raciale, en tout cas au Québec. Mais avec des termes comme nègre, kawish, squaw, pédé, tapette, mon p'tit juif, etc., est-il mieux de les banir ou de leur faire prendre une autre connotation? Personnellement, je trouve nègre extrêmement euphonique et son étymon veut simplement dire "noir", l'auteur-compositeur-interprète Renaud a une superbe chanson contre l'homophobie intitulé Petit Pédé, etc. Vite comme ça, je dirais que si le moment est venu et que l'opération est effectuée avec doigté et sensibilité, une banalisation de ces expressions est très bien. Les mots ont le pouvoir qu'on leur donne collectivement.
 
Et qu'en est-il des expressions péjoratives sexistes? Comment banaliser des termes comme plotte, salope, etc. sans que ça ne consiste à les appliquer à n'importe quelle femme? Est-ce que dans ce cas, ce n'est pas plutôt le sens négatif du terme qui se répand plutôt que ne se dilue?

 

dimanche, 09 décembre 2007

Lexique encyclopédique des amérindianismes

Voici enfin mon projet de session complet et terminé! LEXIDICO.doc

Il s'intitule: Lexique encyclopédique des mots français d'origine autochtone d'Amérique du Nord désignant des objets de fabrication typiquement autochtone.

 

16:47 Publié dans Travaux | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 01 décembre 2007

"Guédiner", néologisme détecté!

La fin de semaine passée, au Canadian Tire, j'ai entendu une fille dire à son père: "Envoye! On a pas le temps de guédiner!"

La remarque m'a fait sourire, car j'ai reconnu la dérivation de déguédiner, "se dépêcher". En enlevant le suffixe dé, elle en a fait un antonyme "prendre trop de temps pour accomplir une activité".

 

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