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mercredi, 30 janvier 2008

Un festival des langues sales en Abitibi-Témiscamingue!

C'est avec une joie que je peine à contenir que je vous annonce aujourd'hui que l'Abitibi-Témiscamingue est fière de comment ska parle, et va le clâmer haut et fort avec son premier Festival des langues sales!

"Ce festival célèbre la langue française telle que nous la parlons en Abitibi-Témiscamingue; une langue riche et épicée aux saveurs locales.

Nous fêtons ici notre attachement à une langue colorée qui revêt un accent original et qui se conjugue aux parfums d'Amérique.

Au travers d'une programmation alliant musique, chanson à répondre, humour, poésie et multimédia, venez apprécier un "parlé" qui a voyagé et qui s'est enrichi au gré du temps et de l'histoire."

Bon festival!

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"Les mots joual que l’on utilise / Ne sont pas nécessairement mauvais / Expriment parfaitement ce qu’on veut dire / Et ont même un certain attrait"

« Vive le joual » de Réal V. Benoit – Album « Trésors Retrouvés »

mardi, 29 janvier 2008

Expressions du Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Au S-L-S-J, les enfants vont se glisser.

En A-T, les enfants vont glisser.

 

 

 

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 Au S-L-S-J, quand on entre dans un lit, on se cache (sous les couvertes).

En A-T, quand on entre dans un lit, on s'abrille (avec les couvertes).

 

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 Au S-L-S-J, quand on veut dire que quelque chose se trouve là où y il a telle autre chose, ou près de telle autre chose, on utilise souvent une structure syntaxique réduite par rapport à la forme habituelle.

Ex. : - Où est-ce que t'as mis le beurre?

       - Je l'ai mis où le pain.

 

 Et finalement, j'ai remarqué que dans la région, les phrases du type "avez-vous été répondu?" plutôt que "vous a-t-on répondu?" sont très courantes. Je vais essayer de trouver d'autres exemples de phrases du genre... S'il vous en vient à l'esprit, écrivez-les moi dans un commentaire, merci!

dimanche, 27 janvier 2008

Le genre au Saguenay-Lac-St-Jean

Quelques différences dans le genre des mots entre l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay-Lac-St-Jean:

Fan (ventilateur, hotte) : A-T féminin; S-L-S-J masculin

Beigne (beignet) : A-T masculin; S-L-S-J féminin ou masculin

Bus (autobus, autocar) : A-T masculin et prononcé à l'anglaise; S-L-S-J féminin ou masculin (surtout au Lac) et prononcé à la française

Frite (casseau (barquette) de patates (pommes de terre) frites) : A-T féminin; S-L-S-J féminin ou masculin 

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jeudi, 24 janvier 2008

Frencher à toutes les sauces

À Chicoutimi dernièrement, je me suis rendu compte que le verbe frencher avait une signification de plus que dans le reste du Québec, où ça veut simplement dire "s'embrasser avec la langue".

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En effet, pour eux, ça semble vouloir dire "avoir entamé une relation amoureuse avec quelqu'un sans encore avoir couché avec la personne, ou bien sans que ça ne soit encore devenu sérieux". C'est une coloration extrêmement subtile qui s'ajoute parfois au sens plus commun du terme.
 
Des exemples de cette utilisation:
 

"T'as donc ben l'air heureuse, coudonc t'as tu frenché?"

"J'pense que c'te gars-là a frenché une fille en un an et demi"

"Lui c'en est un autre que j'ai essayé de frencher mais je suis arrivée trop tard, y frenchait déjà une autre fille"
 
"J'ai pas baisé depuis les Fêtes, juste frenché. Ben... se faire licher la verge par dessus les culottes ça compte-tu pour baiser?" 

 

mardi, 22 janvier 2008

La débat se poursuit...

Dans Le Devoir des 19 et 20 janvier 2008, Denise Bombardier a écrit un article sur la qualité de la langue française au Québec intitulé "Why not?" (http://www.ledevoir.com/2008/01/19/172405.html) qui m'a désapointée, voire choquée.

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Je vous invite à prendre connaissance de ce texte et des réactions qu'il a succitées. Ce qui me frappe le plus, c'est de voir à quel point un grand nombre de gens sont d'accord avec elle et pensent dur comme fer que la qualité de la langue française au Québec se détériore. C'est décidément un traumatisme profondément ancré chez nous, pauvres colons conquis, que de croire que notre français n'est pas bon. Il y a même un des intervenants qui suggère de faire des bébés, des p'tits Québécois pure laine, pour augmenter notre poids démographique et ainsi régler le fameux problème de notre langue qui se fait assimiler. Ouch! On est loin de la pensée rationnelle!

Voici ma propre réaction à l'article:

Bonjour Madame Bombardier,

j'ai lu votre article "Why not?" paru dans l'édition des 19 et 20 janvier 2008 du Devoir, et je dois vous avouer que j'ai été plutôt déçue de l'opinion que vous avez du français québécois et du manque de connaissances linguistiques dont font preuve vos affirmations.

Premièrement, sur quoi vous basez-vous pour dire que la langue parlée se détériore? Prouvez-le moi. Il n'y a pas grand différence entre la façon dont parlent mes grands-parents et la mienne. Peut-être utilisent-ils simplement un peu plus d'anglicismes comme beaucoup de personnes âgées des régions minières. Peut-être que je dis un peu plus de "si j'aurais". Nos expressions sont différentes. Les miennes ne sont pas pires.

D'ailleurs, qu'est-ce pour vous qu'une langue de bonne qualité? Vous semblez penser que la qualité d'une langue va de pair avec son respect d'une norme édictée artificiellement par un quelconque office ou une quelconque académie. Je ne vois pas en quoi un manuel de grammaire est plus riche que la syntaxe et la grammaire naturelles dont font usage Monsieur Madame Toutlemonde quand ils parlent dans un registre familier. Ce sont deux formes différentes à utiliser dans des contextes différents, voilà tout. Une forme n'est pas meilleure que l'autre.

Et les anglicismes! C'est vraiment une réaction de peur typique des peuples minoritaires que de craindre le changement apporté par le contact du peuple majoritaire. À preuve, crie-t-on au meurtre lorsque l'on entend un amérindianisme? Non, puisque dans ce contexte, nous sommes le peuple majoritaire. Les langues évoluent constamment et l'emprunt est un phénomène tout ce qu'il y a de plus normal dans ce processus. Saviez-vous que le tiers du lexique anglais vient du français du temps des invasions normandes? Saviez-vous que le français de France comporte beaucoup plus d'anglicismes que le français québécois? Saviez-vous que dans le Multi, on proscrit certains anglicismes québécois pour suggérer à la place d'utiliser un anglicisme de France?

Vous parlez aussi de fierté, de sacralisation même. Je peux vous dire Madame, que les québécois seront fiers de leur langue quand ils auront conscience que justement, c'est LEUR langue. Ce n'est pas celle des Français, ce n'est pas quelque chose d'extérieur à eux, ce sont eux qui la font. Comment être fier de mots que nos parents, que nos amis ne nous ont jamais dit? Comment être fier de notre langue quand on nous dit sans cesse qu'elle se détériore, qu'elle est de mauvaise qualité, que ce n'est pas la bonne façon de parler? Ce n'est pas dans la peur de mal parler que notre langue s'épanouira, s'émancipera.

Notre langue au Québec est différente. La langue française en général est riche de tous ses accents, de tous ses dialectes, de tous ses registres, ses variétés, ses emprunts, ses changements de sens, de forme, riche de son évolution. La langue française est bien vivante et je préfère qu'elle ait "fait face au vents qui soufflent de partout pour imposer ses mots jusque dans les" colères, tabarn... plutôt que "dans les collèges" où l'on essaie de nous faire croire qu'elle tient dans un livre, où elle est réservée à une élite.

Ma langue est dans ma bouche, pas dans mon stylo, je ne la mettrai pas dans ma poche en parlant comme on doit écrire.

En espérant ne pas avoir été trop dure et que vous poursuivrez vos réflexions linguistiques,

bonne journée,

Caroline Sigouin

samedi, 12 janvier 2008

"Benigne soute" un mot bien de chez nous

Beningne soute (la finale se prononçant à l'anglaise [su:t]) vient de l'anglais bathing suit et est synonyme de costume de bain ou encore, à la française, de maillot de bain. Je ne sais pas si cet usage est courant à bien des endroits du Québec, mais en Abitibi, à ma connaissance, il tend à vieillir.

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Non... pas ce genre de costume de bain!

 

 

  

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Bon... c'est mieux mais c'est pas si vieillissant que ça quand même!

 

 

  

Ah voilà! N'est-ce pas que j'ai vieilli?

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