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mardi, 02 septembre 2008

La science, impartiale?

On entend souvent dire de la linguistique, puisqu'elle est une science, qu'elle se doit d'être impartiale, de tenter de décrire, d'expliquer la langue, sans plus. Or, si la démarche scientifique se veut aussi objective que possible, elle est néanmoins imparfaite en ce sens, comme tout processus mené par des humains, d'ailleurs. Elle reste quand même un moyen très valable, le meilleur dont nous disposions, pour analyser différents objets.

En quoi donc ouvre-t-elle une porte à la partialité, cette démarche? Eh bien dans une des premières étapes qui la constitue, celle qui enclenche toute l'expérimentation : l'hypothèse. En effet, expérimenter, c'est bien beau, mais pour explorer quelle avenue? Le choix de cette avenue revient au chercheur... ou à celui qui le subventionne... C'est donc un choix relativement personnel, subjectif, influençable, intéressé, souvent politique. Heureusement, le résultat n'en est pas toujours de ce type :

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Ensuite, la science même n'est pas dénuée d'objectifs. Certes, elle sert à comprendre le monde qui nous entoure, mais ce afin de prévoir ou contrôler les phénomènes étudiés. Pensons seulement à la science médicale qui permet de prévenir des maladies, de les guerir.  "Contôler" est peut-être un bien grand mot quand il est question de linguistique, mais pourquoi les connaissances linguistiques ne pourraient-elle pas être utilisées par le linguiste lui-même, qui est aussi citoyen, rappelons-le.

Pour finir, la connaissance des phénomènes linguistiques (et la diffusion de cette connaissance) en elle seule a un impact social. De savoir que les particularités d'un dialecte ne sont pas mauvaises en soi, mais simplement différentes du standard, qu'elles découlent d'une évolution naturelle (qu'a aussi subit le standard dans le passé) ça donne une perspective tout autre sur notre langue. Peut-être cela nous rend-t-il moins honteux de parler à notre façon, peut-être cela nous rend-t-il plus fier, plus épanouis.

Bref, considérant que la science en générale n'est pas impatiale, pourquoi un linguiste ne pourrait pas l'utiliser aussi, cet outil?