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vendredi, 06 novembre 2009

Une réflexion de Pierre Légaré

« Si un mot était mal écrit dans le dictionnaire, comment est-ce qu’on s’en rendrait compte ? »

Photo de Pierre Légaré

vendredi, 23 octobre 2009

Les oubliés de la francophonie

La Francophonie regroupe États et gouvernements ayant en commun l’usage du français. C’est ainsi que des nations entières sont oubliées, faute d’avoir un gouvernement, plus précisément, un gouvernement reconnu. C’est notamment le cas des nations autochtones.

Photo d'Autochtones

Photo de Jean Gagnon sous licence Creative Commons

En fait, c’est comme dans l’imaginaire collectif de beaucoup de Québécois : les Autochtones ne sont pas francophones. Ils parlent  bien anglais ou français… mais ce ne sont pas des francophones, le français n’est pas leur langue ancestrale. Et pourtant, plusieurs de ces nations parlent  aussi français, voire majoritairement français. Et elles n’ont pas cessé d’être des nations pour autant — quoi qu’on en dise.

Avec la mondialisation, les peuples autochtones créent eux aussi des liens internationaux. Or, pour tisser des liens, il faut communiquer, et c'est beaucoup plus facile si on partage une même langue. C’est ainsi qu’est née la Coordination Autochtone Francophone (CAF), qui regroupe des organisations autochtones et non autochtones sur les cinq continents, et qui a pour but « d’améliorer et de développer la communication avec les autochtones francophones et de renforcer leurs liens avec les autres autochtones. » À ce titre, la CAF s’est adressée à l’Organisation internationale de la Francophonie à plus d'une reprise pour demander qu’une place soit faite aux peuples autochtones francophones (voir leurs adresses aux chefs d’État en 2004, et en 2008).

Aujourd’hui encore, si vous allez sur le site de la Francophonie et que vous tapez « autochtone » dans le champ de recherche, vous obtiendrez : « 0 résultat »…

samedi, 05 septembre 2009

Dialectologie zinzinulaire

Petite réflexion linguistique tirée de la chronique de Louis Hamelin dans Le Devoir des 5 et 6 septembre 2009 :

Le plaisir suprême, pour un mélomane aviaire, consiste à comparer entre elles les variantes régionales d’un même chant.

J’ai alors l’impression d’être le critique Christophe Huss jonglant avec ses feuilles de musique, le doigt sur la partition. Ce que j’entends n’est pas toujours fidèle au disque. J’avais déjà noté les différences d’interprétation des parulines à tête cendrée de Lanaudière et de l’Abitibi, les libertés prises avec le maestro. Alors, où fixer la norme? Où sont les Yves Berger et les Maurice Druon de l'Académie des bruants? Quand les oiseaux eux-mêmes se mettent à cultiver l’accent local, le combat pour la diversité culturelle n’est plus seulement quotidien, il devient aussi parfaitement naturel.

Photo d'une paruline à tête cendrée ©Michel Lamarche - www.FondNature.com

Avec l'autorisation de Michel Lamarche - www.FindNature.com

vendredi, 20 février 2009

L'enseignement d'une langue seconde par le chant

En cherchant une description articulatoire des différentes techniques de chant, je suis tombée sur une étude fort intéressante portant sur le chant comme outil pédagogique en enseignement des langues secondes. Il s'agit de La langue chantée : un outil efficace pour l'apprentissage et la correction phonétique, de Paolo Zedda (2005). Plus précisément, on y explique comment la chanson peut aider à l'acquisition d'une bonne prononciation des sons d'une langue étrangère.

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Tout d'abord, le chant permet de prendre conscience que c'est avec son corps que l'on parle. On ressent beaucoup plus la production de la parole en la chantant qu'en la parlant. Or, il est utile de ressentir comment nos organes phonatoires sont placés pour parvenir à émettre tel ou tel son.

Ensuite, il est plus facile d'entendre la différence entre deux sons lorsque justement, on se concentre sur le son et non sur le phonème. Par exemple, en français québécois, ce n'est pas le même « i » dans vie que dans vite. Il s'agit respectivement des « i » qu'on retrouve en anglais dans beat (rythme) et dans bit (peu). Pourtant, un Québécois n'entend généralement pas de différence entre le « i » de vie et celui de vite, puisque ces « i », contrairement à ceux de l'anglais, n'ont pas de valeur distinctive. Le chant peut donc aider à percevoir cette différence puisqu'il aborde le son de manière plus particulière.

De plus, avec une bonne technique de chant, les organes phonatoires (notamment la cage thoracique et le pharynx) sont dans une bonne position pour attaquer (amorcer) un son; ce qui ne peut pas nuire à une articulation adéquate des sons d'une langue étrangère.

Enfin, le chant fait en sorte que le locuteur articule forcément les sons de manière continue, sans détacher les syllabes comme on pourrait le faire en lisant. L'utilité du caractère continu de la parole dans la pratique d'une langue seconde est qu'elle permet de faire ressortir les phénomènes de phonétique combinatoire (essayez de prononcer svelte sans que le « s » ne devienne, ne serait-ce que partiellement, un « z » ou le « v » un « f »...)

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Finalement, chanter est aussi l'occasion d'apprendre tout en s'amusant, en plus de développer d'autres compétences que celle de langue, comme la portée de la voix et la posture pour le discours devant public. Certes le chant ne peut être l'unique moyen pour enseigner la langue, mais il est malheux qu'il ne fasse pas partie du cheminement académique obligatoire des futurs enseignants. Ces derniers ne connaissent pas nécessairement les techniques vocales, et ne seraient pas en mesure de choisir les chansons idéales à faire chanter à leurs élèves...

mercredi, 04 février 2009

Chants polyphoniques mongoles

Vous souvenez-vous de La Belle au bois dormant, version Walt Disney? Vous rappelez-vous la scène où la princesse, se promenant dans la forêt, se met à chanter de sa voix si gracieuse, et qu'au refrain -poignante émotion- un choeur embarque en une effusion de "Je saurai t'aimer, je saurai t'aimeeeeeeeer!!!!"? Ben si vous voulez mon avis, c'est de la fausse représentation. Oui oui! Car dans le film, on entend le choeur, mais on ne voit que la princesse qui chante... Ô combien d'années de ma jeune vie ai-je perdues en essayant de chanter "double" comme elle!

Je n'ai su que bien plus tard qu'il existait effectivement des chants polyphoniques (diphoniques pour être plus précise), notamment dans la tradition mongole. Mais ça ne ressemble pas vraiment à un chant de belle princesse, ni même à une voix humaine à vrai dire, (on ne peut produire de mots avec cette technique vocale) c'est très particulier. Si d'un premier abord on peut être surpris et trouver ça peu mélodieux; accompagné d'une guimbarde, c'est très beau, et très méditatif. En voici un exemple:

J'aimerais bien avoir une description acoustique et articulatoire de ces chants pour le moins curieux. Je suis presque certaine que ça sort du trapèze vocalique standard! En fait, je serais curieuse d'avoir la même information concernant le chant en général, populaire, classique ou d'opéra.

samedi, 31 janvier 2009

Perl

Perl est le logiciel que nous utiliserons dans mon cours d'applications en linguistique informatique. Question de prendre de l'avance sur la matière, j'ai fait une très sérieuse recherche sur internet à propos de ce programme...

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J'ai tellement hâte d'apprendre à faire ça moi aussi! Et qui sait, peut-être qu'à la fin de la session, je serai même en mesure de comprendre cette seconde joke de geeks que je vous laisse le soin d'aller voir sur :

Et une petite dernière - mes collègues du cours y verront certainement un lien avec le petit historique que nous avons eu sur le traitement automatique des langues :

Ah... et puis une autre, pour ceux qui ont Vista (avec lequel ne sont pas compatibles les logiciels du cours) et qui hésiteraient encore à revenir à XP : http://xkcd.com/528/

mardi, 02 septembre 2008

La science, impartiale?

On entend souvent dire de la linguistique, puisqu'elle est une science, qu'elle se doit d'être impartiale, de tenter de décrire, d'expliquer la langue, sans plus. Or, si la démarche scientifique se veut aussi objective que possible, elle est néanmoins imparfaite en ce sens, comme tout processus mené par des humains, d'ailleurs. Elle reste quand même un moyen très valable, le meilleur dont nous disposions, pour analyser différents objets.

En quoi donc ouvre-t-elle une porte à la partialité, cette démarche? Eh bien dans une des premières étapes qui la constitue, celle qui enclenche toute l'expérimentation : l'hypothèse. En effet, expérimenter, c'est bien beau, mais pour explorer quelle avenue? Le choix de cette avenue revient au chercheur... ou à celui qui le subventionne... C'est donc un choix relativement personnel, subjectif, influençable, intéressé, souvent politique. Heureusement, le résultat n'en est pas toujours de ce type :

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Ensuite, la science même n'est pas dénuée d'objectifs. Certes, elle sert à comprendre le monde qui nous entoure, mais ce afin de prévoir ou contrôler les phénomènes étudiés. Pensons seulement à la science médicale qui permet de prévenir des maladies, de les guerir.  "Contôler" est peut-être un bien grand mot quand il est question de linguistique, mais pourquoi les connaissances linguistiques ne pourraient-elle pas être utilisées par le linguiste lui-même, qui est aussi citoyen, rappelons-le.

Pour finir, la connaissance des phénomènes linguistiques (et la diffusion de cette connaissance) en elle seule a un impact social. De savoir que les particularités d'un dialecte ne sont pas mauvaises en soi, mais simplement différentes du standard, qu'elles découlent d'une évolution naturelle (qu'a aussi subit le standard dans le passé) ça donne une perspective tout autre sur notre langue. Peut-être cela nous rend-t-il moins honteux de parler à notre façon, peut-être cela nous rend-t-il plus fier, plus épanouis.

Bref, considérant que la science en générale n'est pas impatiale, pourquoi un linguiste ne pourrait pas l'utiliser aussi, cet outil?

mercredi, 06 février 2008

Les droits du lecteur

Les livres sont un des produits du langage, et ce dernier sert à communiquer. Le lecteur devient ainsi un interlocuteur, il interagit avec le livre, et en tant que tel, il a des droits. Daniel Pennac les a bien définis, et Quentin Blake, illustrés:

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Je n'ai pas réussi à trouver la 2ème version de cette affiche en français, mais normalement, il y a une ulime planche intitulée "dix droits, un avertissement" où un p'tit gars dit à un intellectuel hautain: "ne vous moquez jamais de celui qui ne lit pas si vous voulez qu'il lise un jour!" Je ne l'ai trouvée qu'en anglais:
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Bernard Werber disait aussi dans un de ses romans, que les livres ne sont pas sacrés, on peut y griffonner. 
 

 

mercredi, 30 janvier 2008

Un festival des langues sales en Abitibi-Témiscamingue!

C'est avec une joie que je peine à contenir que je vous annonce aujourd'hui que l'Abitibi-Témiscamingue est fière de comment ska parle, et va le clâmer haut et fort avec son premier Festival des langues sales!

"Ce festival célèbre la langue française telle que nous la parlons en Abitibi-Témiscamingue; une langue riche et épicée aux saveurs locales.

Nous fêtons ici notre attachement à une langue colorée qui revêt un accent original et qui se conjugue aux parfums d'Amérique.

Au travers d'une programmation alliant musique, chanson à répondre, humour, poésie et multimédia, venez apprécier un "parlé" qui a voyagé et qui s'est enrichi au gré du temps et de l'histoire."

Bon festival!

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"Les mots joual que l’on utilise / Ne sont pas nécessairement mauvais / Expriment parfaitement ce qu’on veut dire / Et ont même un certain attrait"

« Vive le joual » de Réal V. Benoit – Album « Trésors Retrouvés »

mardi, 22 janvier 2008

La débat se poursuit...

Dans Le Devoir des 19 et 20 janvier 2008, Denise Bombardier a écrit un article sur la qualité de la langue française au Québec intitulé "Why not?" (http://www.ledevoir.com/2008/01/19/172405.html) qui m'a désapointée, voire choquée.

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Je vous invite à prendre connaissance de ce texte et des réactions qu'il a succitées. Ce qui me frappe le plus, c'est de voir à quel point un grand nombre de gens sont d'accord avec elle et pensent dur comme fer que la qualité de la langue française au Québec se détériore. C'est décidément un traumatisme profondément ancré chez nous, pauvres colons conquis, que de croire que notre français n'est pas bon. Il y a même un des intervenants qui suggère de faire des bébés, des p'tits Québécois pure laine, pour augmenter notre poids démographique et ainsi régler le fameux problème de notre langue qui se fait assimiler. Ouch! On est loin de la pensée rationnelle!

Voici ma propre réaction à l'article:

Bonjour Madame Bombardier,

j'ai lu votre article "Why not?" paru dans l'édition des 19 et 20 janvier 2008 du Devoir, et je dois vous avouer que j'ai été plutôt déçue de l'opinion que vous avez du français québécois et du manque de connaissances linguistiques dont font preuve vos affirmations.

Premièrement, sur quoi vous basez-vous pour dire que la langue parlée se détériore? Prouvez-le moi. Il n'y a pas grand différence entre la façon dont parlent mes grands-parents et la mienne. Peut-être utilisent-ils simplement un peu plus d'anglicismes comme beaucoup de personnes âgées des régions minières. Peut-être que je dis un peu plus de "si j'aurais". Nos expressions sont différentes. Les miennes ne sont pas pires.

D'ailleurs, qu'est-ce pour vous qu'une langue de bonne qualité? Vous semblez penser que la qualité d'une langue va de pair avec son respect d'une norme édictée artificiellement par un quelconque office ou une quelconque académie. Je ne vois pas en quoi un manuel de grammaire est plus riche que la syntaxe et la grammaire naturelles dont font usage Monsieur Madame Toutlemonde quand ils parlent dans un registre familier. Ce sont deux formes différentes à utiliser dans des contextes différents, voilà tout. Une forme n'est pas meilleure que l'autre.

Et les anglicismes! C'est vraiment une réaction de peur typique des peuples minoritaires que de craindre le changement apporté par le contact du peuple majoritaire. À preuve, crie-t-on au meurtre lorsque l'on entend un amérindianisme? Non, puisque dans ce contexte, nous sommes le peuple majoritaire. Les langues évoluent constamment et l'emprunt est un phénomène tout ce qu'il y a de plus normal dans ce processus. Saviez-vous que le tiers du lexique anglais vient du français du temps des invasions normandes? Saviez-vous que le français de France comporte beaucoup plus d'anglicismes que le français québécois? Saviez-vous que dans le Multi, on proscrit certains anglicismes québécois pour suggérer à la place d'utiliser un anglicisme de France?

Vous parlez aussi de fierté, de sacralisation même. Je peux vous dire Madame, que les québécois seront fiers de leur langue quand ils auront conscience que justement, c'est LEUR langue. Ce n'est pas celle des Français, ce n'est pas quelque chose d'extérieur à eux, ce sont eux qui la font. Comment être fier de mots que nos parents, que nos amis ne nous ont jamais dit? Comment être fier de notre langue quand on nous dit sans cesse qu'elle se détériore, qu'elle est de mauvaise qualité, que ce n'est pas la bonne façon de parler? Ce n'est pas dans la peur de mal parler que notre langue s'épanouira, s'émancipera.

Notre langue au Québec est différente. La langue française en général est riche de tous ses accents, de tous ses dialectes, de tous ses registres, ses variétés, ses emprunts, ses changements de sens, de forme, riche de son évolution. La langue française est bien vivante et je préfère qu'elle ait "fait face au vents qui soufflent de partout pour imposer ses mots jusque dans les" colères, tabarn... plutôt que "dans les collèges" où l'on essaie de nous faire croire qu'elle tient dans un livre, où elle est réservée à une élite.

Ma langue est dans ma bouche, pas dans mon stylo, je ne la mettrai pas dans ma poche en parlant comme on doit écrire.

En espérant ne pas avoir été trop dure et que vous poursuivrez vos réflexions linguistiques,

bonne journée,

Caroline Sigouin