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vendredi, 13 février 2009

Un poème signé Clayton Valli

Un de mes collègues fait partie d'une chorale qui "chante" en langue des signes. Il me parlait des chansons qu'ils apprenaient, et ce qui m'a surprise, c'est qu'il s'agissait de chansons françaises ou anglaises traduites en langue des signes... mais je me suis dit "peut-on traduire de la poésie, et qu'est-ce que la poésie en langue des signes, qu'est-ce qu'une rime, etc?"

J'ai donc fait une petite recherche, et je suis tombée sur les travaux de Clayton Valli (1951-2003), lui-même sourd, poète et linguiste. Sur Dawn Sign Press, j'ai trouvé un résumé des principes de bases qu'il observe dans la poésie des signes.

La rime n'est bien évidemment pas la correspondance de deux sons en un endroit spécifique de la chaîne parlée, mais bien la correspondance d'occurrences d'un des aspects qui composent le signe : posture de la main, mouvement de celle-ci, orientation de la paume, et même le non manuel (équivalent du non verbal) qui accompagne les signes (expression faciale, mouvement du corps, etc.)

Le rythme est quant à lui créé par des motifs réguliers dans la succession des mouvements et des pauses qui constituent les signes.

Ces deux concepts étant établis, on peut alors parler de vers, de strophes, de mètres... Faits également intéressants, tout comme en poésie orale, la poésie signée peut faire preuve de créativité lexicale, inventer des mots (c'est donc qu'il existe une morphologie), la métaphore est utilisée, etc. Bref, les langues des signes sont des langues à part entière et on le voit bien à travers leurs poésies.

En voici finalement un exemple, en langue des signes américaine. C'est un vidéo présentant Clayton Valli signant le poème Dandelions :