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vendredi, 23 janvier 2009

Mes coups de coeur Abitibiens

Élaguant dans mes vieilles notes, je suis tombée sur une qui contenait cette série d'expressions Abitibiennes et Témiscamiennes. Je n'ai pas pu résister à l'envi de vous la ressortir des boules à mites...


64393819e8468c42fada99f846c4f063.gifb89d2d5eac20efcbc26a612b0e159782.jpgBottes de pine (ou pime) : bottes de pluie. Vient de l’anglais pimp (proxénète). Bottes portées par les pimp. Je suppose que c’est parce qu’il n’y avait pas de trottoirs de bois là où se trouvait les bordels, et dans les début de la ville, les rues étant en terre battue, ça devait être boueux, et les bottes de pluie, nécessaires. Je sais qu'ailleurs au Québec, on dit aussi des bottes à douille ou botte à tuyau.

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8af3eaacfa1f26aa2962c3a624f93e63.jpgSe faire lutter : se faire frapper (par une automobile par exemple). S’utilise aussi en verbe transitif comme dans « Il a lutté un orignal hier sur la 117. Son char est bon pour la scrap ».

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cd1637d3cb82576114ffee8424e06252.jpg Coulants : en parlant de chemins, de routes : glissants. « Quand il y a du verglas, les chemins sont coulants. »

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Fro : Contraction du mot anglais foreigner (étranger). En 1931, Rouyn-Noranda était la seconde ville au Québec la plus cosmopolite après Montréal avec 27% de la population d’origine immigrante. Les immigrants (de Pologne, d’Italie, d’Ukraine, d’Allemagne, de Russie, etc.) venaient travailler dans les mines et fuyaient les guerres de leur pays. Ils se faisaient appeler des fros. Noter que les nouveaux immigrants ne se font pas appeler comme ça.

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R’souder : De sourdre (je pense, mais je ne suis pas certaine), mais ne s’emploie pas dans le contexte d’une source d’eau qui sort de terre. On l’utilise plutôt pour dire que quelqu’un arrive, qu'il vient. « Tient! Le voilà qui r’soud » (le d ne se prononce pas), ou "Vous avez juste à r'soude che nous après le spectacle".

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En bisque en coin : En diagonal, en biseau. Hapax. Rare. Dépend des familles. Plusieurs variétés dont biste en flûte.

mardi, 07 octobre 2008

"Mal sale", une expression bien de chez nous

Dans ma famille, quand quelqu'un se pète la marboulette d'aplomb (se fait un bonne blessure par accident, notamment à la tête), ou encore, se pète la gueule solide, on dit qu'il se la pète "mal sale". Avez-vous déjà entendu cette expression?

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samedi, 12 janvier 2008

"Benigne soute" un mot bien de chez nous

Beningne soute (la finale se prononçant à l'anglaise [su:t]) vient de l'anglais bathing suit et est synonyme de costume de bain ou encore, à la française, de maillot de bain. Je ne sais pas si cet usage est courant à bien des endroits du Québec, mais en Abitibi, à ma connaissance, il tend à vieillir.

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Non... pas ce genre de costume de bain!

 

 

  

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Bon... c'est mieux mais c'est pas si vieillissant que ça quand même!

 

 

  

Ah voilà! N'est-ce pas que j'ai vieilli?

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jeudi, 13 décembre 2007

"Anode" et "shaft", des mots bien de chez nous

Encore une fois, ces mots, anode et shaft (chevalement, en français) ne sont pas employés qu'en Abitibi, mais leur usage est beaucoup plus répandu qu'ailleurs, vue notre réalité très minière.

Voici donc de quoi a l'air une anode. Le cuivre pur à 99,1% est ainsi coulé à la fonderie Horne (Rouyn-Noranda) à la suite d'un procédé appelé smeltage. Les deux empattements caractéristiques permetteront, à l'étape suivante du procédé (à Montréal), de la suspendre dans une cuve et de faire passer un courant électrique au travers. L'anode servira donc... d'anode (borne électrique négative)! Par cette électrolyse, le cuivre passe à l'autre borne électrique, sans ses impuretés (pur à 99,94%).

Le mot anode a fait des petits... nous avons le Centre de la Petite Enfance L'Anode magique, le rapeur Anodajay, le band Les anodins, etc.

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Voici un schéma tiré du site de la fonderie Horne, qui montre le processus pour en arriver à une anode:
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Et ici, nous avons des shafts (ou chevalement, mais personne ne dit ça) de mine. C'est sous cette construction que se trouve le puit de mine, menant aux galeries. L'édifice est ainsi bâti pour servir de treuil à l'ascenceur. Notre paysage est parsemé de ces tours. On a même une église avec un clocher en forme de shaft!

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"Esker", un mot bien de chez nous

Le terme esker n'est pas employé seulement en Abitibi-Témiscamingue, mais, fait particulier, là-bas, il fait partie de la langue courante et pas uniquement d'une terminologie spécialisée.

Voici la définion encyclopédique de cette formation géologique tirée du site internet de la ville d'Amos:

"Au moment du retrait des glaciers, des rivières sont apparues sous la glace. Ces rivières ont transporté et déposé des sédiments sous forme de crêtes allongées, rectilignes ou sinueuses. Les matériaux, soumis à une très forte pression de l'eau, ont été roulés, émoussés et déposés après avoir subi un triage. Lorsque le courant a diminué, il en est résulté un dépôt de sable, de gravier et de blocs de roches variant tant par leur forme que par leur grosseur. Ce sont ces dépôts que l'on nomme eskers. Les eskers peuvent mesurer de quelques mètres à une centaine de kilomètres."

...et un charmant documenteur à ce sujet: 

 

Si ce mot est à ce point connu, c'est que l'Abitibi-Témiscamnigue compte de nombreux eskers, et que deux villes situées sur un esker, Amos et St-Mathieu d'Haricanna, ont remporté le titre de la ville ayant la meilleure eau au monde (les eskers formant de gigantesques filtres à eau souterrains). De plus, c'est à St-Mathieu d'Haricanna que se trouve l'usine d'embouteillage Eska. Esker est également dans le nom de certains lieux, ex.: le théâtre des eskers, l'hôtel des eskers, etc. La ville d'Esker Lake, en Ontario, n'est pas si loin non plus.

Esker se prononce èskère. Selon Wikipédia, Esker vient de l'irlandais eiscir et peut aussi s'appeler un ös (prononcer euss).

dimanche, 11 novembre 2007

"Pas capable yé mort, son p'tit frère s'appelle Essaye"

Combien de fois ma grand-mère m'a dit "Pas capable yé mort, son p'tit frère s'appelle Essaye" quand j'étais jeune et que je baissais les bras à la première tentative ou avant même d'avoir essayé! Je suis bien contente qu'elle m'ait inculqué cette philosophie. Dites-vous ça dans votre coin, et sinon, qu'est-ce que vous dites?

dimanche, 21 octobre 2007

"Craquer" la porte, un mot bien de chez nous

1a4f22b7e5917b563e2f43db972c8fe6.jpgCraquer : Ex. : "Craque don' la porte pour faire un p'tit courant d'air", "J'ai craqué la fenêtre pour faire sortir la fumée". Dans ces contextes, craquer signifie entrebailler. N'est pas utilisée ni même connue de tous les Abitibiens, et je ne sais pas si l'expression est utilisée ailleurs.

dimanche, 14 octobre 2007

"Mener du train", une expression bien de chez nous

Mener du train: faire du bruit. Ex.: "Y mène ben du train ton char! Le muffler doit être fini." Je ne puis que supposer que c'est à cause que les trains sont bruyants...

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lundi, 01 octobre 2007

La "slam", un mot bien de chez de chez nous

Rouyn-Noranda, capitale nationale du cuivre;

Notre ancien slogan: "Une mine, une ville";

La Fonderie Horne, classée il y a quelques 25 ans, 2e usine la plus polluante des Amériques...

Bref, nous vivons une réalité minière très présente, et ce, même dans notre environnement. Les champs de résidus minier, de couleur orangé, ici, on appèle ça des "champs de slam". Cette boue, c'est de la slam. Et ces champs ne sont pas toujours très loins de la ville... En fait, il y en a un juste en arrière d'un secteur résidentiel, entre deux quartiers, à côté du cimetière...

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samedi, 29 septembre 2007

"Su' un méchant temps", une expression bien de chez nous

À la découverte des monts Valin aujourd'hui, une douce pensée m'est venue pendant que je grimpais, et grimpais, et grimpais: "Ça monte ben su' un méchant temps!". Et enfin arrivée en sueurs au sommet, exposée aux vents d'automne, je me suis dit: "Tabarouette, I' fa' frête su'un méchant temps!" Et ainsi de suite... Plus vulgairement, certains disent même "su'un esti d'temps". Utilisez-vous cette expression par chez-vous? En tout cas, au bout du compte, le coup d'oeil en valait la peine!

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